Construire un future meilleur pour les personnes et la nature

Depuis longtemps des indices existaient de la présence dans le sud ouest de Côte d’Ivoire de  tortues marines nidifiantes (Nicole et al., 1994, A Preliminary Inventory of Coastal Wetlands of Côte d'Ivoire, IUCN Wetland programs). Cette présence, ainsi que la distribution et menaces  a été confirmée depuis Jacqueville jusqu’à Tabou par les études de Gomez José, Bamba S. et Karamoko M. entre 2001 et  2006 (An update on Marine Turtles in Côte d’Ivoire West Africa, Marine Turtle Newsletter N° 116).

La pêche et le commerce des tortues marines et leurs œufs sont interdits par la loi en Côte d’Ivoire, mais malheureusement elles sont encore pratiqués. Cette pratique met gravement en danger les tortues marines de Côte d’Ivoire, et si rien n’est fait, elles pourraient disparaître de la zone de Grand Béréby comme cela a été déjà le cas dans d’autres régions du pays.

Voila pourquoi il est urgent de réaliser des actions de conservation.

L'association à but non lucratif Conservation des Espèces Marines (CEM) travaille sans interruption depuis 2010 dans la sous préfecture de Grand Bereby, plus concrètement entre les villages de Roc et Kablaké, pour la conservation de tortues marines. Ceci est fait en collaboration avec les populations locales et l'antenne de la Police Maritime de Grand Bereby. Grâce à ce travail, plus de 600 tortues et leurs nids sont  protégés par an,  et plus de 50 000 nouveau nés de tortues marines naissent et atteignent la mer chaque année. Jadis, le braconnage était d'une telle intensité que pratiquement il n'y avait pas de naissances de petites tortues , et plus de 50 % de femelles étaient tuées.

Depuis 2016, CEM essaie de créer, avec l'appui de Critical Ecosystem Partnership Fund et de Rainforest Trust,  à l'arrière de la plage de ponte de tortues, une zone protégée de 5 000  Ha sous la forme de Reserve Naturelle Volontaire. Cette zone abrite une richesse de faune étonnante malgré les fortes pressions des activités humaines. Nous avons pu dénombrer à ce jour 3 espèces considérées en danger critique d'extinction dans cette zone : le chimpanzé d'Afrique de l'Ouest, le crocodile faux gavial et la tortue marine imbriquée. Il y a aussi deux espèces considérées en danger d'extinction (l'hippopotame pygmée et la tortue verte) et 7 espèces considérées vulnérables: 2 espèces de pangolin, une espèce de crocodile ( le crocodile nain), une espèce de primate (le colobe blanc et noir), une espèce de tortue terrestre, et deux autres espèces de tortues marines (luth et olivâtre). A tout cela s'ajoute, de buffles, des potamochères, des céphalophes.