Biologie des tortues marines

Les premiers pas d’un tortue luth venant de naître sur une plage de Côte d’Ivoire

Il y a sept espèces de tortues marines dans le monde. Les tortues marines sont de très anciens reptiles qui se sont réadaptés a la vie dans la mer.  Elles ont toujours besoin de la chaleur du sable des plages pour incuber leurs œufs. Les jeunes émergent après deux mois à une température comprise entre 25-29°. Certains espèces comme la luth effectuent de très longues migrations à travers le globe.
Pour d’autres espèces comme la tortue olivâtre il reste encore inexpliqué comment elles s’arrangent pour coordonner les accouplements et les pontes au même moment dans certains endroits notamment en Amérique Centrale et en Inde.

Les accouplements ont lieu pas loin de la côte, et seulement les femelles sortent sur la plage. La ponte a lieu de préférence les nuits avec peu de lune. Les jeunes naissent presque toujours la nuit. Dès leur naissance, ils se dirigent vers la mer et ensuite ils nagent fortement pour s’éloigner de la côte et échapper aux nombreux prédateurs tels que crabes, oiseaux, poissons, etc. Leur vie en haute mer est encore très méconnue, on sait que les tortues vertes sont herbivores, les olivâtre mangent des crabes, les luth les méduses, les imbriquées les éponges.
L’espèce la plus impressionnante à cause de sa taille est la tortue luth, qui peut atteindre jusqu’à près d’un tonne et plonger jusqu’à 1 000 mètres de profondeur avec 70 minutes sans respirer.

Les tortues marines de Côte d’Ivoire

Tortue olivâtre à Mondoukou

A cause de la situation géographique du pays on peut imaginer qu’autrefois les tortues utilisaient toutes les plages de Côte d’Ivoire comme plages de ponte.
En effet, d’autres sites de ponte sont encore utilisés comme les plages de Mondoukou et Assouindé à l’est du pays, où l’ONG CEM exécute un projet de conservation dirigé par José Gomez.

D’autres sites de ponte se trouvent au sud ouest du pays, entre Sassandra et Tabou. Mais la meilleure zone pour les tortues marines en Côte d’Ivoire semble être à partir de Grand Béréby, ou CEM travaille pour leur conservation avec l’appui de plusieurs organisations étrangères dans le cadre d’un projet dirigé par José Gomez et Alexandre Dah. Plus de 1 000 tortues sont ainsi protégées chaque année et plus de 50 000 petites tortues naissent en Côte d’Ivoire chaque année grâce à ces travaux.

En Côte d’Ivoire, il y a quatre types de tortues marines : la tortue olivâtre (Lepidochelys Olivacea) qui peut pondre jusqu’à 1 000 nids par an, la tortue luth (Dermochelys coriacea) avec autour de 300 nids par an, la tortue verte (Chelonia mydas) avec plus de 150 nids et la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) dont la ponte n’a pas encore été vérifiée en Côte d’Ivoire mais on trouve souvent des individus capturés dans les filets des pêcheurs.
Les tortues luth et imbriquée sont considérées en danger critique d’extinction.

Les menaces contre les tortues

Tortue olivâtre tuée sur la plage à Monogaga
Tortue luth tuée à Grand Béréby
Œufs en vente

Les menaces sur les tortues sont principalement la perte des plages de reproduction et la pression humaine directe, surtout la consommation des œufs. En Côte d’Ivoire cette situation ne permet pas le succès dans la reproduction des tortues car très souvent les œufs sont retirés du nid.

Cette activité est interdite par la loi ainsi que la capture directe des tortues sur la plage, mais malgré cette interdiction elle continue à être pratiquée compte tenu des difficultés que les populations côtières connaissent pour se nourrir convenablement.

Si des décisions courageuses ne sont pas prises dans l’immédiat, nous pouvons assister à l’extinction des tortues marines en Côte d’Ivoire dans un futur proche.
Le projet exécuté par l’ONG CEM est la première et seule initiative pour conserver les tortues marines, un bijou de la nature ivoirienne que nous ne pouvons pas perdre.